Pour celles et ceux qui savent exactement ce qu'ils refont
Les visages changent. Les histoires changent. La dynamique, elle, ne change pas.
Vous avez lu, vous avez consulté, vous avez travaillé sur vous. Vous décrivez votre fonctionnement mieux que la plupart des gens le décriraient pour vous. Et vous le refaites quand même — au travail, en famille, en amour.
Ce n'est pas un manque de lucidité. C'est que la lucidité s'adresse à la mauvaise couche.
Les cinq schémas
Ce ne sont pas des diagnostics. Ce sont cinq façons de se protéger, mises au point dans l'enfance, à un moment où elles étaient la meilleure solution disponible. Chacune a fonctionné. C'est précisément pour cela qu'elle est restée.
Une protection ne choisit pas son terrain. Elle a été construite pour tenir un sentiment à distance, et elle le fera dans un bureau, dans une famille ou dans un mariage, avec ce qu'elle a sous la main.
Vous avez des relations, de l'affection, parfois beaucoup. Mais il y a une pièce en vous où personne n'est jamais entré, et vous en gardez la clé sur vous en permanence. Quand quelqu'un s'approche de trop près, vous devenez occupée, fatiguée, difficile à joindre — sans jamais décider de l'être. On vous dit souvent que vous êtes indépendante. On vous le dit comme un compliment, et vous l'entendez comme tel.
Vous savez ce dont l'autre a besoin avant qu'il le sache lui-même. Vous ajustez, vous anticipez, vous portez. Et une part de vous attend — sans jamais le formuler à voix haute — qu'un jour quelqu'un fasse la même chose pour vous. Ce jour n'arrive pas. Vous en concluez que vous n'en avez pas encore assez fait, et vous recommencez.
Vous organisez, vous prévoyez, vous avez un plan B pour des situations qui n'arriveront pas. Les autres appellent cela de la compétence, et ils ont raison : c'en est, et elle vous a menée loin. Mais vous ne vous reposez jamais complètement, et déléguer vous coûte plus cher que de faire vous-même. Vous appelez cela de l'efficacité. C'est surtout que confier quelque chose à quelqu'un suppose d'accepter que cela puisse mal se passer.
Le oui sort tout seul. Ce n'est qu'après, dans la voiture ou sous la douche, que vous découvrez que vous ne vouliez pas. Vous repérez un changement d'humeur chez l'autre avant qu'il ne s'en aperçoive, et vous corrigez le vôtre en conséquence. À force, une question simple est devenue difficile à traiter : et vous, qu'est-ce que vous voulez ?
Le début est intense. Vous voyez chez l'autre quelque chose que personne n'avait vu, et il vous voit de la même façon. Puis il y a un détail : une phrase, un silence, une déception minuscule. Et quelque chose bascule. La personne extraordinaire devient invivable en une soirée. Vous partez, ou vous rendez le départ inévitable. Et vous partez généralement en premier.
Vous en avez reconnu un. C'est normal — la plupart des gens en reconnaissent deux : un dominant, et un second qui apparaît sous pression.
La méthodologie
Parce que ce n'est pas vous, adulte, qui avez écrit ce schéma. C'est un enfant, dans une situation où il n'avait pas beaucoup d'options, et qui a trouvé un moyen de ne plus jamais ressentir ce qu'il venait de ressentir. Ce moyen a marché. Le plus souvent, cet enfant a oublié la scène elle-même — la décision, elle, est restée.
C'est ici que presque tout le monde s'arrête. La plupart des approches reviennent à la douleur, encore et encore, et appellent cela le travail. Mais comprendre s'adresse à la partie de vous qui a déjà compris. Cette partie-là n'a jamais été le problème.
Le changement demande de la conscience, puis un choix, puis l'action juste — prise à la source et non sur le symptôme. Et il y a une raison très concrète pour laquelle la volonté seule échoue : un système nerveux qui lit encore l'ancien schéma comme la sécurité annulera n'importe quelle décision que vous prenez.
Une croyance qui semblait un fait devient un choix
Le sens que porte le schéma est reprogrammé
Le système nerveux apprend qu'il est en sécurité
De la réaction automatique au choix conscient
Le nouveau soi intégré à la vie ordinaire
L'hypnose et le travail somatique appartiennent à ce registre-là. Ce n'est pas de la relaxation.
À propos de Valentina Tudose
Décembre 2020, Hong Kong. Un jeudi soir, en rentrant après une journée de séances, je me suis sentie vraiment mal, avec une douleur abdominale intense.
À deux heures du matin, je suis allée aux urgences ; on m'a renvoyée chez moi avec des laxatifs. Le lendemain, je ne pouvais plus me lever, et j'ai décidé d'attendre pour voir un autre médecin — le lundi, évidemment.
Le mercredi suivant, six jours plus tard, un scanner a révélé un appendice éclaté et une septicémie sévère.
L'appendicite n'était pas ma faute. Les six jours, si. Six jours pendant lesquels j'étais trop entêtée pour laisser quiconque m'aider à voir que j'avais besoin d'aide. Six jours de ça va aller, je gère, je ne vais pas déranger. Un programme de protection, je suis bien placée pour en témoigner, est d'une méticulosité remarquable.
Le corps, lorsqu'il n'arrive pas à se faire entendre, dispose d'un nombre limité de recours. Il chuchote. Puis il parle. Puis il élève la voix. Et si rien ne passe, il finit par faire quelque chose d'assez indiscutable pour qu'aucun programme de protection ne puisse continuer à prétendre que tout va bien.
Ce programme-là porte un nom. C'est Le Don de Soi : celle qui gère. Celle qui porte, qui anticipe, qui ne demande rien. Son histoire tient en deux phrases — je suis forte, je n'ai besoin de personne — et elle est si bien récompensée qu'on la prend rarement pour ce qu'elle est : une protection.
Il a commencé à quatorze ans. J'étais la meilleure élève de mon école, et ce n'était pas quelque chose que je faisais : c'était quelque chose que j'étais. Cela voulait dire une chose très précise. J'étais celle qui n'avait besoin de personne. C'était aux autres de me demander.
Un contrôle de mathématiques a suffi à défaire cela. Un échec, rendu public, devant toute la classe. Ce que j'ai ressenti n'était ni de la gêne ni de la honte : c'était un verdict. Si l'on pouvait me prendre en défaut une fois, on finirait par découvrir que je ne valais pas ce qu'on croyait. La décision est venue dans la seconde — ne plus jamais laisser voir une faiblesse.
Sa forme adulte est celle que vous venez de lire. Tant que vous êtes celle dont les autres ont besoin, personne ne regarde de trop près ce dont vous auriez besoin, vous. Être nécessaire est un abri ; avoir besoin, c'est s'exposer. Puis j'ai oublié la scène entièrement, et elle a orienté chaque choix de ma vie pendant trente ans — jusqu'à ce canapé — sans que je sache qu'elle était là.
Et je savais tout cela. Je l'enseignais. Cela ne m'a pas fait lever du canapé. C'est de cet écart — entre comprendre et changer — qu'est née la Méthode RESET™, et c'est pour cette raison que deux de ses cinq étapes travaillent sur le corps et non sur le mental.
Hypnothérapeute clinique et Maître-Praticienne en PNL. Douze ans de pratique, plus de mille personnes accompagnées sur quatre continents. Conférencière TEDx. Autrice.
Prêt(e) à commencer ?
Ce n'est pas faute d'avoir essayé, et ce n'est pas que ce soit impossible pour vous. C'est que voir le problème ressemblait beaucoup à le résoudre. Personne ne vous a ramenée à l'endroit où la protection a été construite, ni montré comment la relever de sa garde.
Trente minutes, en français, sans engagement. Vous repartez avec une lecture précise de votre schéma dominant et de son origine probable. Si nous décidons de travailler ensemble, nous en parlerons ; sinon, vous aurez tout de même quelque chose d'utile.
Réserver un créneauUn document à lire tranquillement : les cinq schémas développés, leur origine, ce qu'ils vous coûtent aujourd'hui, et une première pratique pour chacun. Je vous l'envoie par e-mail.
Vos coordonnées ne sont ni vendues ni partagées. Une lettre de temps en temps, et rien d'autre.
Si vous lisez l'anglais : Your Knight in Shining Armour: How to Become Your Own Champion. Le livre est construit autour de la scène de mes quatorze ans.
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